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On estime que, chaque année, plus de 150 millions de personnes dans 44 millions de foyers sont confrontés à une catastrophe financière comme conséquence directe d'avoir à payer pour les soins de santé. Environ 25 millions de foyers, soit plus de 100 millions d'individus sont précipités dans la pauvreté par la nécessité de payer les services.
 Pour un pays, le système de financement de la santé est le facteur déterminant de la santé et du bien-être de la population.
Une question qui reste de la plus haute importance est donc de savoir comment les systèmes de santé nationaux peuvent assurer la couverture universelle, qui est définie comme l'accès pour tous à des interventions sanitaires d'ordre promotionnel, de prévention, de traitement et de rééducation, ceci à un coût abordable.
Qu’est-ce qu’on entend par protection sociale dans le domaine de la santé?
L’extension de la couverture du risque maladie est la stratégie clé pour réduire les barrières financières limitant l’accès aux soins de santé et aboutir à une couverture universelle (p.ex. protection universelle de la santé). Cette protection sociale de la santé comprend une variété de mécanismes de financement. A côté des financements de la santé par l’impôt, une assurance sociale au sens large est une option importante pour que les pays s’assurent une protection sociale du risque maladie, contribuant ainsi à une couverture universelle. Comme options complémentaires il y a des formules de contributions provenant des employeurs et de régimes communautaires. Au sein de chaque catégorie identifiée comme pouvant être une source de financement, on trouve une gamme d’options pour mutualiser des fonds et acheter des services. D’autres options se trouvent dans des dispositifs mixtes qui utilisent les différentes sources de financement d’une manière complémentaire uniquement.
 Indépendamment des mécanismes de financement utilisés, la protection sociale en matière de santé implique un transfert vers le partage des risques et la mise en commun des risques, c'est-à-dire accroître la part de prépaiement dans les dépenses totales de santé, réduisant ainsi la dépendance à l'égard des paiements dits directs.
Cette stratégie implique également des subventions au sein d'un groupe se partageant les risques et des subventions entre différents groupes se partageant les risques.
Quels sont les avantages les plus significatifs?
La protection sociale en matière de santé non seulement améliore l’état de santé des populations mais contribue directement à diviser par deux la pauvreté à l’horizon 2015, qui reste un but ambitieux. En effet, cette protection diminuerait l’appauvrissement qui provient des coûts directs de santé et surtout des coûts indirects. Une meilleure santé de la population est un facteur de productivité économique, assurant la génération de revenus. Sur le plan macroéconomique, la protection sociale sanitaire a le potentiel pour encourager la croissance économique via trois canaux : premièrement, en réduisant les inégalités et en promouvant un meilleur statut sanitaire, on encourage la formation du capital humain, ce qui mène à un regain de productivité économique. Deuxièmement, en prévenant les variations de revenus dues à la maladie, la protection sociale sanitaire stabilise la demande intérieure et peut en conséquence entraîner une plus forte consommation et créer de la richesse. Troisièmement, la protection sociale contribue à la cohésion et à la paix sociales, toutes deux nécessaires à une croissance économique durable.
Les PED peuvent-ils investir dans la protection sociale en matière de santé?
Une protection sociale de base en matière de santé est tout à fait possible et abordable dans n’importe quel pays, mais cela exige une forte volonté politique. En combinant un financement basé sur des contributions et sur l’impôt, cela suffirait à couvrir des groupes entiers de population ou des cas ponctuels d’épidémies. Une diversité de méthodes de financement pourrait répartir le fardeau des dépenses de santé sur une base plus importante des impôts, tout en promouvant des possiblités de subsides croisés venant de contributeurs et non-contributeurs regroupés.
Toutefois, dans les pays à faible revenu, les ressources financières des ménages peuvent s’avérer insuffisantes pour inclure les pauvres. Selon les besoins spécifiques de chaque pays, des fonds externes peuvent aider à financer des mesures de protection sociale dans le domaine de la santé. Tous les fonds de source externe devraient être fournis d’une manière prévisible et sur le long terme.
Qu’est-ce qui est nécessaire à une protection sociale viable en matière de stratégie de santé?
Il faut être assez réaliste pour développer des options et des scénarios qui tiennent compte du contexte macroéconomique, socioculturel et politique d’un pays. Plusieurs facteurs vont déterminer la rapidité et la forme de la transition : la volonté politique, l’efficacité de la responsabilité gouvernementale, le cadre institutionnel et juridique, l’acceptation relative des valeurs et concepts sur l’équité et la solidarité dans la société, la confiance de la population dans le gouvernement et ses institutions, les infrastructures sanitaires, ainsi que la présence de personnel administratif, médical et infirmier. Tout cela facilitera la mise en œuvre d’un système de protection sociale pour toute une nation.
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