|
L’extension de la protection sociale dans le secteur de la santé et le souhait d’une couverture universelle requièrent de la part d’un grand nombre d’acteurs engagement financier et implication personnelle.
Les gouvernements
Les appareils exécutifs et législatifs d’un Etat jouent un rôle essentiel de facilitateurs et de promoteurs dans l’extension de la protection sociale, dans la mesure où ils décideront de la forme qu’elle prendra. Une responsabilité au niveau gouvernemental et une forte volonté politique de s’engager dans une réforme de financement de la santé sont essentielles pour conduire la mise en œuvre de systèmes durables de protection sociale.
Les travailleurs et les syndicats
Les syndicats ont un rôle essentiel dans l’avancement des principes de solidarité et de justice sociale parmi leurs membres et dans la société dans son ensemble. Il faut inclure les tavailleurs et les syndicats dans les prises de décisions participatives. Les syndicats pourraient également aider les gouvernements à prendre des mesures en vue de l’extension d’une couverture pour les populations jusqu’ici non couvertes, comme dans le secteur informel, ou la population rurale. De même il faudra tenir compte des questions de parité homme/femme.

Employeurs et organisations d´employeurs
Il faut impliquer les employeurs dans le dialogue social et dans les décisions concernant les modèles d’assurance maladie, lorsqu’il en est question. En outre, les employeurs devront respecter les normes de travail nationales et internationales. Donner son appui à l’établissement de systèmes de protection sociale fait partie de la responsabilité sociale collective.
Assurance maladie volontaire
L’assurance maladie volontaire (p.ex. assurance privée ou communautaire) peut offrir une assurance complémentaire sous forme de « paquet » ou bien s’ajouter à un paquet-bénéfices de base en plus de l’assurance obligatoire. Dans un certain nombre de pays, les assureurs du secteur privé occupent une place décisive dans la mise en place de l’assurance maladie obligatoire du secteur public. Les assurances maladie communautaires pourraient être des dispositifs organisationnels en élargissant la couverture aux groupes exclus, spécialement dans le secteur informel. Elles peuvent faire connaître la notion d’assurance à la population et accroître la couverture à moyen terme, bien que les possibilités d’une telle expansion soient limitées comme dans toutes les formes d’assurance de santé volontaire.
Les institutions de sécurité sociale
En raison de leur intérêt institutionnel, les organismes de Sécurité sociale forment la pierre angulaire de n’importe quelle stratégie visant à l’extension de la couverture. Elles doivent être au centre des stratégies de formation et de valorisation des ressources humaines. Les groupes de la société civile, tels que les instances religieuses, les ONG, les coopératives, jouent un rôle-clé dans la promotion des principes d’équité et de solidarité dans la société. Ils devraient participer aux dialogues à l’échelon national en vue d’étendre la couverture sociale aux groupes exclus.
Les prestataires de services de santé
Les prestataires de services de santé du secteur privé comme du public devraient être suffisamment équipés pour fournir des services sanitaires de qualité, y compris le traitement de maladies spécifiques (virus VIH/Sida). Ces fournisseurs ont besoin également d’être familiarisés avec les principes de conditions d’achat modernes dans le secteur sanitaire, ce qui inclut les relations contractuelles et les avantages et limites des mécanismes de paiement (tiers-payant p.ex).
Les partenaires du développement
Les partenaires du développement devront accroître leurs efforts et engagements pour permettre aux pays de développer des systèmes de financement de la santé équitables. Cela peut se faire en offrant aux pays partenaires une coopération technique ainsi qu’en favorisant le développement des connaissances et des capacités. Il faudra mettre à la disposition des pays partenaires des fonds extérieurs sur un long terme prévisible. En accord avec la Déclaration de Paris sur l’harmonisation des aides, il faut que les partenaires du développement s’accordent plus étroitement pour harmoniser leurs programmes d’action respectifs. Les organisations et agences nationales aussi bien qu’internationales qui partagent les mêmes valeurs d’équité, d’universalité et de solidarité en matière de santé sont invitées à rejoindre le partenariat global et à collaborer aux niveaux local, régional et international.

Les agences de coopération technique
On rencontre un problème essentiel quand il s’agit d’organiser le financement de la santé : les gouvernements et autres instances décideuses font souvent face à des capacités et à une expérience trop limitées pour pouvoir instaurer des systèmes de santé socialement équitables et en faveur des pauvres. En principe, une étroite collaboration technique aux niveaux regional, national et communautaire en vue de renforcer les capacités et l’expertise dans le développement des systèmes de financement de la santé devrait être une requête provenant d’un pays comme étant un résultat de large consultation entre partenaires et donateurs. Cela comprend les activités suivantes:
- Fournir des larges conseils en stratégies aux partenaires intéressés
- Analyser conjointement les pertes et profits des différents sytèmes de financement
- Intensifier les efforts en vue de la promotion de la santé, prévention des maladies, y compris les aspects environnementaux
- Appliquer en étroite collaboration les outils servant à la planification, la mise en oeuvre, l'évaluation et le suivi des systèmes de protection sociale en matière de santé.
- Effectuer des études de faisabilité pour analyser systématiquement les conditions politiques et socio-économiques, les besoins et les coûts afférents à l’introduction ou l’extension d’un système de protection sociale.
|